Reproduire l’esprit d’un trait
qui a deux-cent cinquante ans

Le trait d’une carte du XVIIIe siècle ne s’obtenait pas à partir d’un outil aussi simple à utiliser qu’une plume, un crayon ou un stylo. Le travail consistait en de nombreux cisaillements dans le bois pour creuser la matière et conserver en relief des crêtes. Ensuite, on enduisait l’encre sur le bois et on y déposait une feuille sur laquelle les reliefs encrés marquaient le trait sur le papier.

La technique minutieuse de cisaillements du bois était source d’effets indésirables et irréversibles, mais qui donnait en même temps un graphisme particulier que l’on ne peut obtenir avec un outil régulier moderne, tel un stylo, un rotring ou un logiciel de dessin.

Pour retrouver la texture du tarot de Nicolas Conver, il faut utiliser un outil qui permette de moduler l’épaisseur du trait, tels la plume ou le pinceau. Pour garantir un bon contrôle de la qualité du trait, j’ai réalisé les dessins à une échelle de 2,5 par rapport au modèle. C’est pourquoi j’ai utilisé un outil adapté à un tel agrandissement : le pinceau.

L’image est ensuite réduite à l’échelle du tarot de Nicolas Conver par reprographie, avant d’être contrecollée sur un carton léger offrant à la carte une nervosité suffisante.

Vient ensuite la mise en couleur…


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Paul Marteau et Nicolas Conver

Le trait de Nicolas Conver (à gauche) est assez fin et présente des différences d’épaisseur : pleins et déliés. Le résultat est plus subtil que celui de Paul Marteau (à droite) dont l’encrage régulier est semblable à celui obtenu avec un stylo feutre.






Pour obtenir un graphisme proche de l’esprit du tarot de Nicolas Conver, l’encrage est appliqué au pinceau, permettant de varier l’épaisseur du trait, du début à la fin de chaque ligne.